TDC/DYSPRAXIE

TDC/DYSPRAXIE

La dyspraxie, aussi appelée le Trouble Développemental de la Coordination (TDC), qui est la traduction de Developmental coordination disorder (DCD), se définit comme étant un trouble de l’élaboration et de l’automatisation des gestes moteurs pour réaliser une action ou une activité. Les personnes qui en sont atteintes présentent donc un trouble neurologique qui limite leur capacité à développer une maîtrise acceptable des gestes moteurs en dépit des efforts déployés ou encore des expériences et de la stimulation reçue.

La dyspraxie et le TDC sont des diagnostics médicaux et font partie des troubles neurodéveloppementaux, c’est-à-dire en lien avec des atteintes diffuses dans le cerveau. 

Concrètement la dyspraxie

Au plan physique, la dyspraxie ou le TDC se manifeste par de la maladresse dans les activités motrices et sportives et par de l’incoordination et un manque d’habiletés dans les activités de motricité fine.

Au plan socio-affectif, la dyspraxie entraîne de l’insécurité devant la nouveauté et une faible tolérance à la frustration.

On trouve également une maladresse en relation sociale qui peut compromettre l’intégration dans divers milieux. 

Le diagnostic

Souvent par le biais du pédiatre ou du médecin de famille, il y aura une référence vers un neuropédiatre.

Celui-ci fera un bilan psychomoteur afin d’évaluer la motricité globale, la motricité fine, l’organisation dans l’espace, le graphisme et certains autres éléments.

Un bilan neuropsychologique est également essentiel afin d’évaluer la mémoire, l’attention, le langage et diverses fonctions cérébrales.

Le bilan neurologique quant à lui, évaluera le système nerveux de l’enfant.

Il est ensuite nécessaire d’être référé vers un ergothérapeute afin d’estimer la motricité, l’usage de la vue et du toucher, ainsi que l’organisation dans l’espace et l’autonomie.

Il peut être aussi essentiel d’avoir un bilan orthophonique pour évaluer le langage.

Parfois, pour éliminer des troubles du développement affectif ou psychologique, il peut être nécessaire d’avoir une évaluation en pédopsychiatre.

La prise en charge

Au Québec, l’ergothérapeute est le spécialiste qui prend en charge la rééducation de l’enfant dyspraxique.

Par le biais d’exercices, ce professionnel travaillera les commandes entre le corps et le cerveau, les repères dans l’espace, la motricité globale et la motricité fine.

Pour les enfants ayant un retard de language; il y aura une prise en charge en orthophonie.

Il est conseillé de voir un optométriste pour les enfants souffrants de dyspraxie visuo-spatiale.

La dyspraxie verbale

La dyspraxie est un trouble de planification des gestes moteurs qui ne touche pas habituellement le langage. On la nomme parfois dyspraxie motrice par opposition à la dyspraxie verbale.

 La dyspraxie verbale fait partie des troubles primaires du langage ou dysphasies. Elle désigne un trouble du langage expressif caractérisé par l’incapacité à planifier et à organiser adéquatement les mouvements de la bouche pour produire des sons, des mots ou certaines actions comme souffler, boire à la paille, tirer la langue, etc. Ce trouble entraîne une limitation marquée du nombre de mots produits, de la prononciation, de la fluidité verbale et en conséquence, de l’intelligibilité de la parole. La compréhension est par ailleurs peu touchée. L’enfant atteint de dyspraxie verbale aura donc de la difficulté à se faire comprendre par son entourage alors que lui comprendra bien ce qui lui est dit.

Il arrive parfois qu’un enfant ayant une dyspraxie verbale ait aussi une dyspraxie motrice, puisqu’il s’agit de la même difficulté à planifier et à organiser une séquence de gestes, que ce soit pour parler ou pour bouger. À l’inverse, un diagnostic de dyspraxie « motrice » ne mène habituellement pas à un trouble de langage de type dyspraxie verbale. 

Pour des informations supplémentaires sur la dyspraxie verbale, on peut consulter la brochure faite par l’Institut de réadaptation en déficience physique de Québec (IRDPQ) à l’adresse suivante: 

https://www.ciusss-capitalenationale.gouv.qc.ca/expertise-et-partenariat/publications/publications-telechargeables/dyspraxie-verbale-aider-et-mieux

La dyspraxie visuo-spatiale est un trouble associé du cerveau, de la motricité et des muscles des yeux

Il y a 6 muscles externes qui régissent:

  • La fixation visuelle (regarder un objet statique).
  • La fixation alternée (la capacité de fixer deux objets en alternance).
  • La poursuite visuelle (suivre un objet en mouvement).
  • L’exploration visuelle (la capacité à percevoir l’espace à trois dimensions et à deux dimensions). L’écriture sur une feuille étant à deux dimensions.
  • La convergence visuelle étant le travail d’équipe des deux yeux permettant une vision claire dans l’espace.
  • Les saccades visuelles étant des micro mouvements des yeux servant à balayer l’information.

Il y a un muscle interne qui régit:

  • L’acuité visuelle (s’assurer que l’image est bien projetée sur la rétine grâce au travail du cristallin).


Historique de l’association

Créée en 2004, l’Association Québécoise pour les enfants dyspraxiques (AQED) est d’abord issue d’un regroupement de parents. En 2003, avec l’aide d’un organisateur communautaire du CLSC de Sherbrooke, l’AQED a exploré la possibilité de se joindre à un autre organisme communautaire, notamment l’Association Québécoise pour les enfants dysphasiques (AQEA).

Rapidement, le regroupement de parents a constaté que les incapacités physiques et fonctionnelles entraînées par la dyspraxie étaient différentes de celles observées chez les enfants dysphasiques. Il est devenu clair que les enfants dyspraxiques avaient des besoins spécifiques de réadaptation et de soutien.

Ces différences ont mené à la fondation d’une association dont les services seraient orientés spécifiquement à la clientèle dyspraxique tout en répondant mieux aux préoccupations des parents.

En juillet 2004, l’Association Québécoise pour les enfants dyspraxiques voit le jour et obtient ses lettres patentes du Registraire des entreprises.

Plus tard, l’Association est reconnue à titre d’organisme de bienfaisance pour l’Agence du Revenu du Canada. L’AQED est reconnue par l’Agence de santé et des services sociaux de l’Estrie (ASSS) en tant qu’organisme communautaire non subventionné. En 2016, l’association change de nom pour TDC-Québec pour refléter le changement de terminologie médical relié à cet handicap soit Trouble Développemental de la Coordination (TDC). Le changement de nom de l’Association a également permis aux adultes vivant avec un TDC;

Se procurer, aux fins mentionnées ci-dessus, des fonds ou d’autres biens par voie de souscriptions publiques. 


Notre Mission

BUT

Offrir un soutien aux personnes vivant avec un trouble développemental de la coordination (TDC) et leurs proches aidants.

 

OBJECTIFS

Faciliter l’intégration des personnes vivant avec un TDC ;

Éduquer les intervenants et les partenaires aux besoins des personnes vivant avec un TDC ;

Sensibiliser la population générale aux réalités des personnes vivant avec un TDC ;

Informer de l’importance du dépistage et de la référence aux services reconnus       

Promouvoir et faciliter des activités sociales, sportives, éducatives et culturelles adaptées pour les personnes vivant avec un TDC;

Se procurer, aux fins mentionnées ci-dessus, des fonds ou d’autres biens par voie de souscriptions publiques. 


L’enfant et le TDC/dyspraxie

Le trouble du comment faire

La dyspraxie est un trouble de la planification et de la coordination des mouvements qui sont nécessaires pour réaliser une action nouvelle, orientée dans un but précis. Ce trouble entraîne des difficultés plus ou moins sévères dans l’élaboration et l’automatisation des gestes volontaires. Ainsi, l’enfant dyspraxique apparaît incapable de planifier, d’organiser et de coordonner ses gestes dans le bon ordre pour produire une action nouvelle et adaptée à l’environnement dans lequel elle agit. (Breton, S. et F. Léger, 2007)

La dyspraxie (TDC) est donc un trouble du « comment faire ». Les enfants dyspraxiques (TDC) apprennent à exécuter les tâches motrices avec beaucoup de répétitions et cet apprentissage ne se généralise pas spontanément à d’autres situations. La personne doit donc apprendre chaque variante d’une activité comme si elle était toute nouvelle.

La dyspraxie (TDC) entraîne des incapacités qui interfèrent avec l’accomplissement des activités de la vie quotidienne, avec les apprentissages scolaires et éventuellement avec le travail. 

La dyspraxie (TDC) est un trouble développemental qui touche plusieurs fonctions du cerveau : intégration des informations sensorielles, perception visuelle, conceptualisation, programmation et exécution motrice, ou encore anticipation du résultat. Aucune cause n’est identifiée avec certitude, mais on retrouve dans la moitié des cas une histoire de naissance difficile. La dyspraxie toucherait environ 6% des enfants de 5 à 12 ans et les garçons en sont atteints de deux à quatre fois plus que les filles. Il faut préciser qu’on ne dispose encore d’aucune statistique québécoise. 

L’école et le quotidien de l’enfant vivant avec le TDC/Dyspraxie

Il est fréquent que d’autres atteintes soient associées avec la dyspraxie.


Les difficultés attentionnelles

Un des troubles les plus fréquemment associés à la dyspraxie (TDC) est le trouble déficitaire de l’attention, avec ou sans hyperactivité (TDA/H). Ainsi, les enfants dyspraxiques (TDC) qui présentent aussi les caractéristiques du TDA/H pourront bénéficier d’un traitement pour celui-ci. Cependant, il faut comprendre que la médication ne traite pas la dyspraxie mais seulement les difficultés d’attention et de concentration.

Par ailleurs, l’enfant dyspraxique (TDC) peut paraître inattentif, sans réellement l’être, en raison des difficultés inhérentes à la dyspraxie (TDC) au plan du traitement de l’information, de la perception visuelle et de la vitesse d’exécution. Il faut donc demeurer prudent quant à un diagnostic trop hâtif de TDA/H, puisque bien des enfants dyspraxiques (TDC), s’ils n’ont pas un réel déficit de l’attention, ne seront pas aidés par la médication.


Les difficultés d’apprentissage 

Beaucoup d’enfants dyspraxiques (TDC) présentent des difficultés d’apprentissage à un moment ou l’autre de son cheminement scolaire. Les difficultés peuvent toucher diverses matières et être d’intensité variable selon chaque enfant et selon son degré scolaire. 

À la maternelle, l’enfant dyspraxique (TDC) est malhabile dans les activités de coloriage et de découpage et a de la difficulté à emboîter des pièces de jeux de construction ou de casse-tête. Il tend à répéter les mêmes jeux et à observer ses compagnons plutôt que de jouer avec eux.

À l’école primaire, l’apprentissage de l’écriture est particulièrement ardu; l’enfant prend son crayon de façon inefficace, a de grandes difficultés à former ses lettres et est plus lent que ses pairs. Au fil des années, l’apprentissage des mathématiques devient également de plus en plus laborieux et des matières comme l’éducation physique, la musique ou les arts plastiques, loin d’être des occasions de plaisir, sont plutôt des sources d’échec et de frustrations qui contribuent à diminuer l’estime de soi.

À l’école secondaire, si les difficultés académiques vécues au primaire tendent à se poursuivre, ce sont les nouvelles exigences d’organisation qui représentent le plus grand défi pour le jeune dyspraxique (TDC). En effet, le passage au secondaire amène plusieurs changements autant sur le plan académique que sur les plans social et de l’autonomie. Pour franchir cette transition avec succès, le jeune aura besoin de soutien et de moyens compensatoires qui contribueront à lui faire vivre des succès.


Comment aider ?


L’école: 

La dyspraxie entraine souvent l’échec scolaire. C’est un handicap physique reconnu qui nécessite des mesures d’accompagnement spécifiques.

Plusieurs accommodements favorisant l’utilisation du clavier et de programmes informatiques pourront être mis en place pour faciliter l’écriture et les repères dans l’espace.

Il faut favoriser l’utilisation d’un agenda adapté ainsi que des méthodes d’organisation de temps et d’espace facilitantes.

Dans les cas de dyscalculie, il faut également mettre en place des outils favorisant l’apprentissage des mathématiques.


Le quotidien:

L’habillage, les soins personnels, l’alimentation, le rangement, les déplacements et l’interaction sociale sont tous des volets touchés, à différents niveaux, par le TDC/dyspraxie.


L’adolescent et l’adulte vivant avec le TDC/dyspraxie

Le TDC/Dyspraxie est une atteinte qui perdure toute la vie. Mais avec l’instauration d’un programme stratégique et avec l’accès à des accommodements, la plupart des adolescents et adultes pourront trouver une vie active et relever des défis surprenants.

Certains des problèmes rencontrés à l’enfance peuvent s’être estompés grâce aux apprentissages. Certains autres demeurent et peuvent rendre la vie personnelle, sociale et professionnelle plus difficile. Dr. Michelle Mazeau, spécialiste de la dyspraxie nous dit ceci:  » Le pronostic de la dyspraxie dépend peu de l’intensité de la dyspraxie. L’évolution de l’enfant vers l’âge adulte dépend de différents critères. En effet, la précocité du diagnostic, le niveau de retard scolaire au moment du diagnostic, le caractère isolé ou non de la dyspraxie et la qualité de la prise en charge sont les principaux facteurs vers une évolution favorable ou non. 

La personne dyspraxique est souvent négligente face à son apparence physique. Il faut l’accompagner afin qu’elle développe une hygiène corporelle adéquate et la sensibiliser à l’importance d’une belle apparence physique. Il faut prévoir des stratégies pour gérer la contraception en évitant les méthodes prenant en compte la dextérité manuelle et la mesure du temps. Pour l’aspect vestimentaire, il est possible de voir à ce qu’elle soit accompagnée par un ami ou un membre de la famille pour les achats vestimentaires. Être différent n’amène pas l’obligation d’avoir l’air différent, si ce n’est par souhait. Prévoir une gestion des finances facile et pratique. Utiliser une carte bancaire afin d’éviter la manipulation d’argent et utiliser l’informatique pour l’accès au compte bancaire et les paiements de facture. La personne dyspraxique est plutôt habile avec ces technologies.

L’exercice physique et la saine alimentation ne sont habituellement pas au cœur des préoccupations de la personne dyspraxique. Il est possible qu’elle s’inscrive au gymnase en sollicitant un programme individualisé et personnalisé. De cette façon, elle a des buts à court terme et n’est pas en compétition avec les autres. La méditation et le yoga sont des disciplines qui peuvent avoir un grand effet bénéfique sur l’anxiété des personnes dyspraxiques. Il est aussi nécessaire de développer des stratégies adaptées en cuisine. Le choix de certains ustensiles et la construction d’un répertoire de recettes, peut grandement faciliter une routine. Modifier une recette en la divisant par sections (préparation du matériel, préparation des ingrédients et surlignage des étapes de préparation) peut être utile pour que ça devienne un plaisir plutôt qu’une corvée.

 Au niveau de la socialisation, il est plus difficile de se créer un cercle d’amis. Mais grâce aux rencontres par le biais de l’école ou du travail, il peut se présenter de belles occasions de faire des activités. Le bénévolat est une excellente façon de se sentir utile. De plus, les gens qui reçoivent de l’aide deviennent reconnaissants et développent souvent de beaux liens avec le bénévole. Le personne dyspraxique deviendra donc un aidant plutôt que celui qui a toujours besoin d’aide.

Le choix de carrière dépendra beaucoup du niveau d’atteinte de la dyspraxie et des comorbidités (troubles associés). Si l’on ne parle que de dyspraxie, les emplois pouvant offrir une routine stable seront privilégiés. Également, les emplois pouvant offrir une prestation de travail sans pression sont aussi à envisager. 


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Mieux comprendre la dyspraxie/TDC

Du diagnostic à la réadaptation de la dyspraxie/TDC

Les répercussions de la dyspraxie/TDC

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